Savile Bow

soul, style, stories

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Piano gris

Matin gris, ni chaud ni froid.
Un temps inexistant, incertain, si ce n’est pour l’horloge qui nous rappelle qu’on est en retard, qu’on est vieux ou qu’on a à faire. Je pourrais rester sur ce pont à regarder toutes les nuances de gris, les imperceptibles nuances d’un paysage en noir et blanc, mais je suis vieille, j’ai à faire et je suis en retard.

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Ecrire

Je pensais que je pouvais commencer très simplement par la première phrase. Je pensais que les autres suivraient logiquement et que, bout à bout, tout ça finirait par former une histoire. Seulement aujourd’hui je constate que tout ne sera peut être pas aussi facile. D’abord le temps disponible est limité, ensuite mon cerveau ne coopère que capricieusement, donnant naissance à des idées un jour, les tuant le lendemain. Finalement, il ne s’agit pas vraiment de mettre des mots les uns derrière les autres. Il s’agit de se replonger dans ses pensées, de deterrer ce qui procure du plaisir et de la peine, de les réinterpréter, les refaçonner. Il s’agit d’utiliser des choses existantes pour créer quelque chose, imaginer une histoire à partir de rien et de tout ce qui fait la vie.

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un samedi soir

Paris, la plus belle ville du monde, et un samedi soir au milieu d’une vie.
Lassée et délaissée, du haut d’un grand lit vide
Les rideaux sont immobiles, aucune brise ne souffle sur mon ennui.
Je réfléchis à tout, à rien, mes pensées mal rangées, dérangées.
J’en veux à tout le monde et même à moi, je suis ici et lui est là-bas
Un air musical pauvre et désincarné rampe paresseusement d’une autre palier. 
Cette médiocrité ne me gêne pas. Je n’y pense pas.
Dans ma tête tournent en rond ses derniers gestes et ses dernières paroles,
Les mots qui n’ont pas franchi mes lèvres et le baiser que je n’ai pas donné.
Demain est un autre jour, demain il sera trop tard
La nuit porte conseil, la nuit sera un cauchemar